11.03.2010
Un chantier de solidarité en Inde avec Asmae ?
Il reste quelques places disponibles pour nos chantiers de cet été :
Au Tamil Nadu :
- du 31 juillet au 28 aout, participez à un chantier d'animation autour de l'écriture ou en crèche,
- du 28 août au 26 septembre, rénovez un centre d'hébergement pour enfants défavorisés
Au Maharashtra :
- du 3 au 31 juillet, participez au programme "classes de lecture" à Pune
- du 31 juillet au 28 août, animez des activités sur le thème "apprendre en s'amusant"
Vous trouverez tous les renseignements relatifs aux chantiers sur notre site Internet www.asmae.fr / Rubrique « nous rejoindre »
A bientôt,
Auteur: Asmae |
17:43 Publié dans Action humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chantiers, animation, asmae, inde
08.03.2010
8 mars, y’a-t’il vraiment de quoi fêter?
Le 8 mars 1910, Clara Zetkin, une des femmes les plus militante et attachante du XXe siècle, proposait, lors d’un congrès à Copenhague, la création d’une Journée internationale de la femme, afin de reconnaître et de souligner les luttes menées par les femmes partout dans le monde. Ce n’est cependant qu’un 1977 que les Nations-Unies officialisaient le 8 mars comme la Journée internationale de la femme.
Un siècle après le vœu de Clara Zetkin, où en est-on? Ce serait bien sur malhonnête de dire qu’il n’y a pas eu de progrès, mais il serait encore plus dangereux d’affirmer qu’il ne reste plus de luttes à mener.
À l’échelle de la planète, les femmes effectuent 80 % de tout le travail, salarié ou non; pourtant, elles ne possèdent que 10 % des richesses. Cela n’est qu’une donnée parmi d’autres qui illustre la persistance des inégalités.
Dans 26 pays du monde, des fillettes de plus en plus jeunes sont sexuellement mutilées de façon barbare, sous prétexte de préserver leur virginité. Les conséquences physiques et psychologiques sont terribles. La pratique se répand même en Amérique du Nord et en Europe avec la complicité de médecins sans scrupules.
Au Pakistan, en Afghanistan, en Iran, en Arabie Saoudite, au Yémen, les « crimes d’honneur » perpétrés par des membres de la famille se comptent par centaines, et sont couverts par les autorités.
Au Kosovo, en Bosnie, au Soudan, au Libéria, au Congo, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda et dans beaucoup d’autres pays en guerre, les viols systématiques, et souvent collectifs, sont ou ont été commis sur ordre, de façon systématique, pour déstabiliser et anéantir des communautés.
En Europe de l’Est, des milliers de jeunes filles sont vendues chaque année, entre 10 000 $ et 15 000 $ chacune, pour alimenter les réseaux de prostitution au Canada, aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Les gouvernements de ces pays le savent, et ne font rien.
En Thaïlande, au Cambodge, aux Philippines, en République Dominicaine, des milliers de jeunes filles sont enlevées, ou achetées à leur famille pauvre et impuissante, pour fournir des bordels fréquentés par des touristes nord-américains, européens ou japonais. En Europe, on vend mêmes des guides touristiques pour pédophiles où on leur fournit les meilleurs « destinations ». En Thaïlande, cette exploitation sexuelle se double, et est alimentée par une exploitation économique sans vergogne! Une bonne partie des appareils électroniques, des jouets et d’autres objets que nous achetons sont fabriqués dans des conditions absolument inhumaines.
En Inde, des dizaines de milliers de petites filles sont tuées, ou empêchées de naître, grâce aux échographies, parce que leur famille n’a pas les moyens de payer la somme astronomique que constitue la dot; cette pratique est théoriquement interdite mais est tolérée par les gouvernements.
Dans plusieurs pays d’Amérique latine, au Mexique et au Pérou notamment, la violence contre les femmes et leur meurtre gratuit, prend des proportions inimaginables, et les gouvernements ne mettent aucun empressement à y mettre fin.
Aux États-Unis, les prisons pour femmes, nombreuses et remplies, qui sont gardées la plupart du temps par des hommes, sont le théâtre de brutalités, de viols et de toutes sortes de sévices, en toute impunité.
Voici où on en est, 100 ans après Clara Zetkin. Non, il n’y a vraiment pas de quoi fêter. Mais il y a sûrement de quoi continuer la lutte!
Roger Blanchette
Auteur: Roger Blanchette |
02:58 Publié dans Urgences | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : femmes, situation de la femme, statut de la femme, journée internationale de la femme, 8 mars, 100 ans, centième, lutte des femmes, condition féminine, égalité des sexes
07.03.2010
Soudan : Les nouvelles technologies pour le développement sont-elles une simple mode ?
Telle est la question à laquelle tente de répondre l'article reproduit ci-dessous et récemment publié sur Global Voices.
[Les liens renvoient vers des sources en anglais]
En décembre 2009, Global Voices a publié un article intitulé “ICT4D: Past mistakes, future wisdom” (Technologies pour le développement : Erreurs du passé et leçons pour le futur). Aparna Ray y décrivait comment de nombreuses technologies mises au point pour des projets ont “débuté avec enthousiasme pour finir par agoniser en gémissant.” Selon un récent article paru dans le Financial Times, ce fut le destin du projet de plusieurs millions de dollars de la Banque mondiale pour équiper Juba, la capitale du sud du Soudan, en ordinateurs et accès à Internet.
D'après Laurence Clarke, qui dirige le programme de la Banque mondiale dans le pays, et qui a été interviewé pour cet article, cette faillite n'est pas imputable à une défaillance technique des équipements, mais plutôt à un manque de volonté :
Laurence Clarke, directeur du programme au sud du Soudan, explique que des allocations financières ont été utilisées pour acheter des ordinateurs, des logiciels et des équipements pour les liaisons par satellite de Juba, la capitale du sud. C'est alors “qu'ont surgi toute sorte de problèmes”, nous a-t-il dit.
“Certains ministres ont décidé qu'ils étaient trop âgés pour apprendre à utiliser un ordinateur, il n'ont donc fait preuve d'aucun enthousiasme”. Dans certains cas, même leurs assistants plus jeunes ne savaient pas comment se connecter. “Le système est là…moribond,” déclare M. Clark.
Le développement récent de la téléphonie mobile et une plus grande accessibilité à Internet en Afrique ont insufflé un enthousiasme considérable pour l'usage des nouvelles technologies dans tous les domaines, du marketing à l'e-commerce et à la détection des maladies des plantes, jusqu'au rappel par SMS aux malades souffrant du VIH, du SIDA et de la tuberculose de prendre leurs médicaments.
Mais ces nouvelles du sud du Soudan imposent de poser une question : est-ce que l'engouement entourant les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) est justifié ? Et comment ceux d'entre nous qui travaillent dans ce secteur peuvent s'assurer que leurs efforts n'aboutiront pas à des projets moribonds ?
En tant que chercheur pour le réseau Technology for Transparency Network [Réseau de la Technologie pour la transparence], je suis particulièrement intéressée par la manière dont les TIC peuvent contribuer à faire participer les citoyens à la gouvernance de leur pays et à encourager les gouvernements à être transparents et responsables. De nombreux projets utilisent avec succès les nouvelles technologies pour plus de transparence ; une récente analyse de huit premières études de cas par David Sasaki le démontre bien. Mais comme la situation à Juba le montre aussi, la technologie ne conduit pas de façon magique à une meilleure gouvernance.
Le blogueur soudanais et auteur de Global Voices Drima croit qu'Internet et les téléphones portables ne sont pas suffisants. “Les TIC, sont exactement cela, des technologies. Leur utilité effective est finalement quelque chose qui ne peut être atteinte que si les utilisateurs ont les compétences pour se servir de cette technologie à des fins utiles,” a-t-il écrit dans un e-mail.
Pour qu'une technologie puisse avoir un impact, juge Drima, le soutien doit provenir non seulement des donateurs mais aussi de l'intérieur :
“Quand il s'agit de comportements et d'objectifs, c'est quelque chose que les Soudanais du sud doivent encore découvrir. Et avant même que nous en arrivions à toute cette idée de TIC comme une “solution à tout” nous avons vraiment besoin de résoudre beaucoup d'autres problèmes sous-jacents, à commencer par les dirigeants corrompus et un tribalisme destructeur.”
Le Soudan s'achemine vers des élections en avril et les technologies ont la possibilité de jouer un rôle important aussi bien dans la participation des citoyens que dans le contrôle du processus électoral. Sudan Votes, un site web bilingue soutenu par l'organisation Media in Cooperation and Transition [Médias dans la coopération et la transition] en collaboration avec l'organisation soudanaise Teeba Press et l'Association Inter-Media, vise à améliorer “la qualité de la couverture médiatique des élections” et à “promouvoir une meilleure compréhension par-delà les barrières linguistiques”.
Le site publie des articles sur des sujets allant de la politique à la médecine et à la culture ainsi qu'un Sudan Electionnaire (NdT: contraction de élections et questionnaire) pour aider les citoyens à mieux connaitre les partis politiques du pays.

Sudan Vote Monitor (Surveillance des élections au Soudan) dirigé par le Sudan Institute for Research and Policy (Institut soudanais pour la recherche et la politique) a l'intention d'utiliser la plateforme de suivi en temps réel Ushahidi afin de permettre aux citoyens de participer à la surveillance du scrutin et d'envoyer par SMS des informations du terrain.

Dans des élections où “de nombreux citoyens ne sont pas familiers du processus électoral, sont opposés à la compétition entre plusieurs partis et ont des doutes sur la régularité du scrutin”, ces projets pourraient jouer un rôle dans l'éducation civique des électeurs et rendre compte des problèmes dans le déroulement du scrutin. Cependant, pour qu'ils soient couronnés de succès, ils doivent trouver le moyen de convaincre les citoyens de leur utilité.
Tant Sudan Votes que Sudan Vote Monitor semblent intéresser les Soudanais. Ce qui pourrait les aider à être couronnés de succès, là où le programme de la Banque mondiale a échoué. Avec l'approche des élections soudanaises, je suivrai de près comment ces initiatives vont évoluer. Vont-elles tomber à l'eau et être ignorées des Soudanais ? Ou bien les technologies vont-elles contribuer à créer un réel engagement civique des citoyens ?
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15:54 Publié dans Développement économique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : soudan, ic4d, internet, developpement, ntic, tiv, mobile, éducation, global voices
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